Après la greffe ratée du joueur à Saint-Etienne face à l’hostilité des supporteurs, ceux-ci sont montrés du doigt. Comme si Anthony Mounier, qui les avaient insultés en 2012, et les dirigeants stéphanois étaient exonérés de toute responsabilité.

Comme prévu, le mercato hivernal qui s’est achevé en France dans la nuit de mardi à mercredi a régalé. Deux faits saillants, l’un traduisant une certaine modernité, l’autre ressuscitant le foot patrimonialisé de nos grands-parents. La modernité : celui qui a ordonné le recrutement du Lille OSC – le plus imposant de l’hiver en Ligue 1 avec sept joueurs – n’est pas salarié du club nordiste mais rattaché directement à son président, Gérard Lopez. L’externalisation du poste le plus décisif – une équipe vit et meurt à travers son recrutement, sportivement et financièrement – d’un club : la France vient d’importer le modèle portugais, où ceux qui ont les tirettes sont à la fois invisibles et mus par un intérêt distinct (le leur) de celui du club qu’il dessine. L’affaire vintage : la vraie fausse arrivée de l’attaquant de Bologne Anthony Mounier à Saint-Etienne, choisi par le staff technique mais rejeté par des supporteurs du club, une banderole «Mounier, nos couleurs ne seront jamais les tiennes» déployée au centre d’entraînement de l’Etrat comme au stade Geoffroy-Guichard faisant foi, le joueur et le club ayant par ailleurs reçu des menaces de mort. La raison : une phrase lâchée par Mounier le 31 mars 2012, après une victoire de Nice, où évoluait l’attaquant, à Saint-Etienne – «On les baise les Verts ! On les baise !» C’est peu dire que les fans du club ont mauvaise presse depuis quelques jours…

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